» Figures du Japon », première exposition thématique de la saison à l’espace DENSAN Paris..

La nouvelle saison 2019-2020 de l’Espace DENSAN s’annonce riche en découvertes des richesses artisanales de l’archipel japonais..

Depuis son ouverture à Paris en octobre 2016 à Paris, l’ESPACE DENSAN a eu pour mission de présenter la fine fleur du patrimoine artisanal nippon avec le privilège d’accueillir régulièrement des maîtres artisans venant de régions très diverses de l’archipel.
Pour cette nouvelle saison qui s’annonce, l’ESPACE DENSAN va présenter les créations artisanales venues en direct du « Japan Traditional Crafts Aoyama Square » de Tokyo, avec plusieurs thèmes qui vont se succéder d’octobre 2019 à mars 2020..

Le premier thème « Figures du Japon », au mois d’octobre, est dédié aux objets d’artisanat qui portent bonheur dans la culture japonaise.

Au Japon, il existe de nombreux porte-bonheur ou « engimono », terme constitué de 2 idéogrammes : engi (le présage ) et mono ( l’objet). Issu du bouddhisme, engi qui signifie « coproduction conditionnée », est associé à la notion d’interdépendance.
Les Japonais considèrent que les bons présages leur portent bonheur et voient la réalisation de leurs souhaits, alors qu’au contraire les mauvais présages causent des choses néfastes.
Les porte-bonheur sont apparus afin d’attirer le bonheur ou chasser le malheur et cette manière de penser est solidement ancrée dans leurs croyances.
Depuis des siècles, ils confient leurs souhaits aux engimono, lors des changements de saison ou de moments spéciaux dans la vie, par exemple pour un mariage ou le jour d’un examen.
Ils peuvent être des amulettes, mais aussi des plats d’alimentation traditionnelle, des animaux, des plantes ou encore des motifs.
Même si les raisons de cette croyance restent floues, il semble que cette culture particulière ait évolué en s’imprégnant du shintoïsme, du bouddhisme et du taoïsme depuis l’époque ancienne.

 Artisanat « Seto sometsuke-yaki »

Maneki (inviter) et neko (chat) est l’un des porte-bonheur les plus populaires au Japon. Le chat à la patte droite levée apporte la fortune ou le bonheur et celui avec la patte gauche attire les clients et les passants.

L’histoire du maneki-neko qui remonte au 17e siècle (ère Edo), repose sur la légende la plus connue liée au temple de Gotoku-ji : de retour de la chasse au faucon, le seigneur Naotaka Ii de l’ancienne province de Shiga passait devant ce temple, lorsqu’il trouva un chat blanc qui lui fit des signes en levant les pattes, telle une invitation à y entrer. Intrigué, Naotaka y pénétra, alors que la foudre frappa l’endroit où il se tenait peu avant. Sauvé par le chat, Naotaka choisit le temple comme son bodaji (temple qui s’occupe des morts d’une famille) et en devint le bienfaiteur.

Ce maneki-neko, porteur du label DENSAN, est en céramique « Seto sometsuke-yaki » finement ornée de motifs bleus sur fond blanc, selon la technique du Sometsuke (peinture sur porcelaine) de Gosu (cobalt), provenant de la ville de Seto (préfecture d’Aichi).
Depuis le 11e siècle, la région de Seto qui comprend l’un des six fours historiques de l’archipel, se distingue par la créativité de sa céramique utilisant une vaste gamme de couvertes.
La technique du « Sometsuke de Gosu » qui prit son essor à la fin du 19e siècle, fut reconnue en tant qu’artisanat traditionnel en 1997.

 Artisanat « Etchu-washi »

Le tengu est associé à la pratique ascète connue sous le nom de shugendo (tradition spirituelle millénaire qui a précédé les différents bouddhismes japonais), il est souvent représenté dans le costume de ses disciples, les yamabushi, qui vivaient dans les montagnes. De nos jours, toujours considéré comme une créature apportant la protection divine, il est vénéré dans certains temples bouddhistes comme le Takao-san Yakuo-in à Tokyo.

On le retrouve dans le théâtre japonais où la culture du masque est omniprésente depuis des siècles. Il est aussi vendu durant les matsuri ou ennichi (fêtes et festivals populaires traditionnels) durant lesquels on célèbre l’abondance des récoltes, on prie pour une meilleure santé et pour la paix dans la région ou encore pour vénérer les ancêtres.

Le tengu qui nous concerne ici est fabriqué en « Etchu-washi » dans la préfecture de Toyama ; il remonte à l’ère Nara (710-794) et a été désigné comme artisanat traditionnel en 1988.
Son procédé de fabrication est semblable à celle des autres washi, papiers japonais traditionnels. L’Etchu-washi est utilisé pour les shoji (paroi ou porte en washi) ou bien encore pour la restauration de biens culturels. Il en existe 3 sortes : Gokayama, Yatsuo et Birudan qui représentent des noms de villes de la préfecture de Toyama. Chacun d’eux possède une particularité et une utilisation différente.
Par exemple, le Yatsuo-washi était spécialement employé pour l’emballage des médicaments, ce qui s’explique parce que la préfecture de Toyama était réputée pour la vente de médicaments dès le 17e siècle.

 Artisanat « Miyagi dento kokeshi »

C’est au milieu de l’ère Edo (1700-1750) que les artisans du bois (ou kijishi) de la région de Tohoku ont commencé à fabriquer des kokeshi comme souvenirs pour les visiteurs qui se rendaient aux onsen (sources chaudes volcaniques) et les rapportaient comme cadeaux, notamment pour leurs enfants.Dans la région de Tohoku, il existe 11 sortes de kokeshi traditionnelles, mais seules celles confectionnées dans la préfecture de Miyagi ont été désignées comme artisanat traditionnel par le METI en 1981, sous l’appellation « Miyagi dento kokeshi » (kokeshi traditionnelle de Miyagi).

Les « Miyagi dento kokeshi » se répartissent en 5 sortes dont les intitulés correspondent à des lieux où sont situés des onsen : Naruko kokeshi, Sakunami kokeshi, Togatta kokeshi, Yajiro kokeshi et Hijiori kokeshi.
Traditionnellement au Japon, les kokeshi sont décorées principalement à l’aide de la couleur rouge, une légende stipulant que le rouge aidait à éloigner la variole.
Les formes et les motifs sont différents selon les régions, en fonction des techniques de fabrication des kokeshi, transmises de génération en génération dans les familles de kijishi ou par leurs élèves.
La forme de la tête, du tronc, ainsi que les motifs sont des critères propres à chaque style de kokeshi. Par exemple, la particularité des « Naruko kokeshi » est de présenter une tête en forme d’oeuf. Fabriquées en bois de cornouiller ou d’érable, les kokeshi sont peintes et décorées notamment de fleurs, puis cirées. En tant qu’engimono, elles sont censées apporter joie et santé aux enfants.

 Artisanat « Tsuboya-yaki »

L’origine du shisa provient de la Chine et remonterait au 14e ou 15e siècle ; d’après une légende chinoise, cette créature qui ressemble à un lion, faisait office de gardien pour protéger les tombes des familles royales ou des nobles.
Transmis ensuite à Okinawa, le shisa (terme en dialecte local) avait pour mission de chasser le malheur et de protéger la maison.
Dans le reste du Japon où il est généralement présent dans les temples, il est appelé shishi.A Okinawa, le shisa est utilisé à l’entrée des temples, sur le toit des châteaux, à l’entrée ou sur le coteau d’un village. Mais c’est dans les maisons, notamment sur le toit, qu’on le trouve le plus fréquemment.
Au début du 17e siècle (avant son rattachement au Japon en 1879), le royaume de Ryukyu (actuels archipel et préfecture d’Okinawa) invita des céramistes coréens venant de Satsuma (actuelle préfecture Kagoshima) pour développer la fabrication de la céramique. En 1682 (durant l’ère Edo), les 3 fours d’origine ont été rassemblés à Naha dans un même quartier nommé « Tsuboya ».

Fabriqué dans la préfecture d’Okinawa, l’artisanat ici présenté se nomme « Tsuboya-yaki », il fut désigné comme artisanat traditionnel en 1976.
La céramique d’Okinawa se compose de 2 types : « Joyachi » et « Arayachi » Destiné aux objets du quotidien, le type « Joyachi » désigne la céramique avec émail cuite à environ 1.200 degrés, alors que le style « Arayachi », cuit sans émail à environ 1.000 degrés, est destiné à des jarres.
La majorité des créations en céramique « Tsuboya-yaki » sont de type « Joyachi ».

Couple de poupées / artisanat Ouchi-nuri  / depuis l’ère Muromachi / département de Yamaguchi  / Porte-bonheur pour l’amour conjugal

 Poupée de Hakata / artisanat Hakata ningyo / depuis début du 17e siècle / département de Fukuoka (anciennement Hakata) /

   cette poupée porte-bonheur est appelée « ofuku-san » (fuku = bonheur)

ESPACE DENSAN
8 bis rue Villedo 75001 PARIS
Tél. 01 40 26 66 70 – ouvert du lundi au samedi de 11h à 19h
mw@sasenis.comwww.espacedensan.com